“Les disparus”, Alexandre Mitchell, 2023 (42 x 59cm, encre de Chine)

Voici la Tour Blanche, l’emblème de Thessalonique submergée par un déluge de culpabilité, tandis que les pierres tombales juives émergent des profondeurs de sa mémoire.

Thessalonique était autrefois affectueusement appelée la madre de Israel, car sa communauté juive représentait la moitié de la population totale avant la seconde guerre mondiale. Il s’agissait d’une communauté cosmopolite, composée de tous les courants du judaïsme, car leur présence y est attestée depuis près de 2000 ans.

La population juive était si importante qu’il fallut six mois aux nazis pour les déporter tous vers les camps d’extermination en Pologne. Au retour des rares survivants, leurs maisons avaient été vendues à des Grecs locaux ou à des immigrants pauvres d’Asie Mineure.

Quelques années plus tard, sous la dictature des colonels, les cimetières juifs furent complètement démolis et transformés en carrières. L’université de la ville est d’ailleurs fondée sur le plus grand des cimetières juifs.

En dépit de quelques gestes symboliques, le silence sur la disparition de la population juive est presque aussi assourdissant aujourd’hui qu’il le fut dans l’après-guerre.

Pour en savoir plus

  • Christides, G., ‘Thessaloniki Strives to Revive Its Jewish Past, but Encounters a New Form of anti-Semitism’, Haaretz 16/11/2014 | Online
  • ‘The Forgotten History of the Jews in Thessaloniki’, Athens Insider 29/01/2021 | online
  • Hesse, C., & Laqueur, T., ‘Bodies Visible and Invisible: The Erasure of the Jewish Cemetery in the Life of Modern Thessaloniki’, in G. Antoniou & A. Moses (Eds.), The Holocaust in Greece, Cambridge: Cambridge University Press, 2018, pp. 327-358.
  • Jones, S., ‘Thessaloniki’s Jews: ‘We can’t let this be forgotten; if it’s forgotten, it will die’, The Guardian, 30/07/2020 | Online
  • Mazower, M., Salonica, city of Ghosts. Christians, Muslims and Jews, 1430-1950, 2004 | NY Times Book review
  • Salonique, « Jérusalem des Balkans », 1870-1920. La donation Pierre de Gigord, exposition du 19 septembre 2023 au 21 avril 2024 | Online


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